Jean Yves Alexandre Marzin est le fils d’un canonnier de la Marine nationale et d’une femme au foyer.
Pour l’avant guerre, nous disposons de peu d’informations à son sujet. Très jeune, il semble s’être orienté vers une carrière militaire. Si nous ignorons son parcours, l’on peut déjà indiquer qu’à quinze ans, en 1936, il avait déjà quitté le cocon familial [1].
Militaire d’active, il sert en tant que brigadier-chef (armes montées) lors de la Guerre 1939-1940. Il indique avoir été fait prisonnier par les Allemands le 17 juin 1944 [2] et être parvenu à s’évader le 13 décembre de cette même année.
Il rejoint alors le 11e Régiment de cuirassiers (11e RC), replié sur Lyon. Il continue ainsi de servir, au sein de l’Armée d’armistice et se voit promu maréchal-des-logis en février 1941. Après l’invasion allemande de la Zone non occupée, son régiment est dissous le 27 novembre 1942, Jean Marzin est alors mis en congés d’Armistice. Il retrouve Brest et sa famille.
Sans que l’on sache par quel truchement, il semble avoir intégré, avec son frère cadet Berthier, la Résistance au sein du Groupe Jean-Marin en juillet 1943. Il aurait participé à la propagande pour recruter des volontaires prêts à se battre. En février 1944, sa structure clandestine intègre le Groupement cantonal Brest-Ouest, sous les ordres de Marcel Pirou dit Deumars. En 1944, il semble avoir participé à l’instruction aux résistants au maniement d’armes à feu et aurait également pris part à des sabotages (où, quoi, quand ?).
Après le débarquement de Normandie, son beau-frère, le résistant Auguste Favé, est arrêté le 9 juillet 1944 à Guissény. Interné à la prison de Pontaniou, Jean Marzin projette un coup de main pour le libérer. L’opération échoue, Jean Marzin se sentant menacé, se met au vert (où ?).
Avec l’approche des Alliés de Brest, il renoue contact avec les Forces françaises de l’intérieur (F.F.I) et fait partie de l’équipe de Brest-Ouest, qui se rend à Locmaria-Plouzané, sur le terrain de Kerzévéon, dans l’attente du parachutage d’armes pour équiper la Résistance. Il y reste plusieurs jours, du 2 au 6 août 1944, en vain car aucune arme n’est larguée.
Suivant les ordres, Jean Marzin évacue la forteresse de Brest, pour se reformer avec son groupe à l’extérieur. Quand des tensions éclatent entre les différents chefs de Brest-Ouest, Jean Marzin suit Pierre Hall et intègre la Compagnie F.F.I de Saint-Renan. Malgré son jeune âge, il est nommé adjoint au chef de la 1ère Section. Il participe à la libération du secteur de Saint-Renan et progresse vers Locmaria-Plouzané puis Plougonvelin avec comme objectif la neutralisation de la batterie de Kéringar.
À partir du 27 août 1944, il prend la tête de la 1ère Section, en remplacement de Pierre Hall, détaché auprès de l’état-major américain de la 29th Infantry Division - 175th Regiment, comme agent de liaison. À la tête de ses hommes, Jean Marzin prend part à la fin de la réduction de la poche allemande du Conquet. Au moment de la reddition, il parvient à faire une quarantaine de prisonniers allemands, qui se trouvaient à la pointe de Créac’h meur en Plougonvelin.
Démobilisé des F.F.I fin septembre 1944, il contracte un engagement dans l’Armée française en reconstitution à Landerneau. Il sert alors au sein du 19e Régiment de Dragons (19e RD) de la 19e Division d’infanterie (19e DI) sur le front des poches de l’Atlantique et notamment dans le secteur de Lorient à partir de novembre 1944.
De mars à mai 1945, il part en formation à Cholet, avant d’être affecté à l’École militaire interarmes de Coëtquidan en juillet 1945. En mars 1946, il rejoint l’école de Saumur et sera affecté à partir de janvier 1947, au 3e régiment de spahis algériens (3e RSA) en tant que lieutenant. Promu capitaine, il épouse Evelyne Christiane Trexin (1930-2016), le 16 juillet 1952 à Nice. En 1954, Jean Marzin est nommé chevalier de la Légion d’honneur et promu officier en 1963.
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Mémoires des résistants et FFI de l’arrondissement de Brest