TABURET Ronan

Ronan Louis Taburet est le dernier d’une fratrie de quatre enfants d’un négociant en vins de Saint-Renan et d’une infirmière de la Croix-Rouge. Sa mère décède quelques semaines seulement après sa naissance. Son père se remarie ensuite et de cette nouvelle union, deux demi-soeurs viennent s’ajouter à la famille. Malheureusement, c’est au tour de son père de succomber en 1931. Orphelin, Ronan passe son enfance entre la maison à Saint-Renan et l’école à Brest. En juin 1940, son frère aîné Alain (voir portfolio) rallie l’Angleterre et intègre l’école des Cadets de la France Libre.

De son côté, Ronan Taburet poursuit ses études à Brest à Bon-Secours, rue du Bois d’Amour. Si son frère fut pensionnaire, Ronan est lui logé chez sa tante dans son appartement de la rue Foy. Avec le début de l’occupation allemande, les bombardements anglais débutent. Lors des alertes aériennes sur Brest, Ronan trouve refuge dans l’abri aménagé d’une cave de la rue Colbert. Lors d’un bombardement, il manque d’être tué. Avec la fermeture des écoles à Brest en 1941, Ronan retrouve Saint-Renan et la troupe de scouts routiers du canton.

Ayant grandi avec des valeurs patriotiques, Ronan Taburet ne sombre pas dans le pessimisme et vit avec ferveur cette période. Une partie de leur maison étant réquisitionnée par les allemands, il se livre à ses premiers actes de Résistance en déchirant progressivement une affiche de propagande qui orne leur maison. Il passe également par les combles pour s’introduire dans les locaux allemands la nuit pour y subtiliser les pièces des jeux de société qu’utilisent les allemands. Avec ses frères et sœurs, les petits actes de provocation envers l’occupant ne manquent pas, comme le jour où assistant à un défilé dans les rues de Saint-Renan, la fratrie pivote pour tourner le dos à la Wehrmacht. En octobre 1943, son frère aîné Pol (voir portfolio) quitte à son tour le pays et rejoint l’Afrique du Nord en passant par l’Espagne, pour s’enrôler dans l’Armée française de la Libération.

Quelques temps après, Ronan Taburet est contacté par un camarade scout ; Yves Denniel qui lui demande de collecter des renseignements sur les installations allemandes. Ronan Taburet accepte et se met à surveiller les activités allemandes à Brest, Saint-Renan et au Conquet. Il répertorie les positions de la D.C.A et les bunkers en bord de côte ou en rase campagne. Il note les immatriculations des véhicules et se montre attentif aux mouvements des troupes. Ronan Taburet porte également son regard sur les phares, les antennes radios et les travaux côtiers. Enfin, il sert d’agent de liaison entre Brest et Saint-Renan. Les informations collectées sont transmises à Jean Dréano du réseau F2. En avril 1944, le contact est rompu avec le réseau, son chef ayant quitté le secteur pour gagner l’Afrique.

Après l’annonce du débarquement, les scouts sont mis à contribution par un de leur chef, pour réaliser des sabotages sur les lignes téléphoniques et faire disparaître les plaques indicatrices posées par les allemands. Sans doute considérés comme trop jeunes pour se battre, Ronan Taburet et d’autres scouts ne sont pas convoqués au maquis dans les premiers jours d’août 1944. Par des rumeurs, il apprend que la Résistance se rassemble à Brélès ou Lanildut, il décide de s’y rendre pour se faire enrôler. Sur la route, il passe près du camion allemand pris en embuscade le 10 août 1944. Sur place, Ronan Taburet est redirigé vers Tréouergat, lieu de rassemblement des volontaires. Parvenu enfin au maquis, on consent à l’enrôler comme soldat des Forces françaises de l’Intérieur, lui est alors confié un fusil Lebel. Ronan Taburet est ensuite dirigé plus au sud pour intégrer le 3ème Groupe de la 2ème Section de la Compagnie F.F.I de Saint-Renan le 20 août 1944.

Composition du groupe :
- BOUCHERIE Édouard
- CHESNAY Robert (chef de groupe)
- CUEFF Albert
- DENNIEL Guy
- DENNIEL Yves
- FALHON René
- HOLLEY André
- JACOB Laurent
- JACOLOT Charles
- JÉZÉQUEL Paul
- LANNUZEL Georges
- LESCOP François
- TABURET Ronan

Après une rapide formation au maniement des armes par son chef de groupe, Ronan Taburet et ses camarades sont déployés sur la ligne de front. Il participe aux combats dans la région de Lanrivoaré et Saint-Renan avant de pousser plus à l’Ouest vers la poche du Conquet. Les combats se poursuivent à Locmaria-Plouzané et à Plougonvelin, notamment sur la ligne de front entre Goasmeur et Le Cosquer où il manque d’être tué par un tir direct. Durant les combats, il troque son vieux Lebel contre un Mauser. L’engagement militaire se termine avec la reddition complète de la poche du Conquet, le 10 septembre 1944. La Compagnie fait alors mouvement sur Saint-Renan en prévision d’un déploiement dans les combats de rues à Brest. Finalement, cet engagement n’a pas lieu, les F.F.I sont alors employés à diverses missions de police, de sécurité et de nettoyage des zones de combats.

Après la Libération, Ronan Taburet reste dans les F.F.I jusqu’à la dissolution des unités combattantes. Il intègre à la suite la Milice patriotique (organe officiel, palliatif de la police/gendarmerie dans la période de la Libération). Il y effectue diverses tâches, notamment le montage de baraque où lors d’une manœuvre il se blesse au dos en tombant du toit. Ronan Taburet est rendu à la vie civile et reprend des études de médecine. Il épouse Joëlle Branellec (1928-2013), le 6 juillet 1951 à Brest et devenu médecin-gynécologue, il pratiquera à la clinique Saint-Louis à Brest durant une bonne partie de sa carrière. En retraite, il consacrera beaucoup de son temps à l’organisation d’expositions sur un thème cher à son cœur ; la peinture.

Ronan Taburet est aujourd’hui, l’un des trois derniers vétérans F.F.I de la Compagnie de Saint-Renan encore en vie avec François Falhun et Jean Gentil.

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

Photo souvenir, prise le jour de la démobilisation des F.F.I après les combats
Ronan Taburet après les combats de la Libération (1944)
Collection personnelle : famille Taburet- Tous droits réservés
Son frère, Alain Taburet (1923-1945)
Cadet de la France Libre, officier du 22ème B.M.N.A de la 1ère D.F.L - Mort pour la France
Son frère, Pol Taburet (1924-1990)

Sources - Liens

  • Ronan Taburet, témoignage et iconographie.
  • Commune de Saint-Renan, registre d’état civil.
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de F.F.I de Ronan Taburet (GR 16 P 560149).
  • Musée du Ponant à Saint-Renan, fonds Baptiste Faucher, archives de la Compagnie F.F.I de Saint-Renan.

Remerciements à Françoise Omnes pour la relecture de cette notice.