BEAUSSERET Edmond

Edmond Francis Emile Beausseret est le fils d’un militaire qu’il n’a pas connu, puisque décédé quatre mois avant sa naissance et d’une mère commerçante de Saint-Pierre-Quilbignon. Cette dernière tient avant la Première Guerre mondiale le restaurant familial Terminus près de la gare du tramway à Sainte-Anne du Portzic. Sa mère se remarie en 1911 puis la famille recomposée change de commerce et s’établit à Brest. Edmond Beausseret pratique beaucoup de sport en campagne, notamment à Bohars dans le club de La Vie au Grand Air (V.G.A). Par filiation avec ses parents, il devient à son tour représentant de commerce dans la fourrure. Probablement par relation commerciale, Edmond Beausseret fait la connaissance puis épouse Yvonne Couloigner (1908-2004), le 5 avril 1929 à Brest. Le couple aura plusieurs enfants et gère le magasin Au Sabot de Noël du 121 rue Jean-Jaurès, spécialisé dans la vente d’articles de fourrure, bonneterie, pelleterie et vêtements de laine. Parallèlement, Edmond Beausseret suit les cours de l’École de Perfectionnement des Sous-Officiers de Réserve (E.P.S.O.R).

Son parcours militaire de la déclaration de la Seconde Guerre mondiale à la débâcle de juin 1940 n’est pas connu, il est cependant démobilisé dès septembre 1940 et peut regagner Brest. Edmond Beausseret reprend ses activités professionnelles et sportives à la différence qu’il fait évacuer sa famille sur Landunvez pour la protéger des bombardements. En février 1942, sa femme donne naissance à une fille à Landunvez. Hélas, l’enfant décède quelques jours plus tard.

Au second semestre de l’année 1943, des prémices de structures militaires clandestines naissent des mouvements de Résistance locaux. Cherchant à recruter des cadres pour son unité combattante, le notaire de Ploudalmézeau Henri Provostic approche Edmond Beausseret. Celui-ci accepte et entre ainsi dans le mouvement Défense de la France (D.F) en décembre 1943. Son activité est mal connue mais il aurait transporté (de Brest à Ploudalmézeau ?) des messages et de la propagande pour le mouvement. Il aurait également servi d’agent de renseignement, sans plus de détails. Dans la nuit du 5 et jusqu’à l’aube du 6 juin 1944, suite à des arrestations plusieurs résistants, dont Edmond Beausseret, sont raflés dans le canton de Ploudalmézeau par les soldats et supplétifs du Kommando I.C 343 de Landerneau.

Le Sonderführer (K) Herbert Schaad déclare à ce sujet :

Au cours de cette affaire, Quéau instituteur fut arrêté et maintenu, Boursier fut infructueusement recherché, Salaun arrêté et recherché après interrogatoire à Landerneau, Scoarnec fut arrêté et maintenu, Bosseret (ndr : Beausseret) fut arrêté et relâché après interrogatoire, Guéguen également arrêté et relâché, Morel n’a pas été découvert, Berthou avait pris la fuite. [1]

Le supplétif français Gabriel Poquet déclare à son tour :

J’ai personnellement assisté en compagnie d’un soldat à l’arrestation de Lusven, de Bosseret (ndr : Beausseret), et me suis présenté chez monsieur Berthou commerçant en vins qui était absent. D’autres arrestations ont été opérées ce jour-là mais nous nous étions vraisemblablement scindés en plusieurs groupes pour opérer car je ne me souviens pas d’avoir arrêté d’autres personnes. Je n’ai vu frapper aucune de ces personnes au cours de leurs interrogatoires. [2]

Les résistants sont conduits au manoir de Trouzilit à Tréglonou pour un premier interrogatoire, dans lequel certains sont malmenés pour obtenir des informations. Les raflés sont ensuite amenés sur Brest pour la poursuite des procédures, accélérées du fait du débarquement. N’ayant pas trouvé de preuves compromettantes chez lui et niant les faits, Edmond Beausseret parvient à lever les soupçons qui pèsent sur lui. A une date non précisée, il est relâché tandis que ses camarades sont envoyés à Rennes en prévision de leur déportation.

Au déclenchement de l’insurrection générale des F.F.I dans l’arrondissement de Brest, Edmond Beausseret rejoint le maquis le 5 ou 6 août 1944. Lui est aussitôt confiée la structuration d’une section de combat. Celle-ci est prête le 8 août 1944, Edmond Beausseret en reçoit alors le commandement. Avec ces quatre groupes de combat, il forme la 4ème Section de la 1ère Compagnie du Bataillon F.F.I de Ploudalmézeau. Jusqu’au 18 août, sa section est affectée au dispositif de sécurité des avant-postes. Il s’agit avant tout d’effectuer de la surveillance, des patrouilles et d’établir une ceinture de sécurité autour de Tréouergat. La section se porte ensuite à Keroum, en réserve jusqu’au 22 août. Arrive enfin l’heure des combats, la 4ème Section de Beausseret est déployée dans les environs de Brélès où elle subit de sérieux bombardements, sans pertes à signaler. La ligne de front est repoussée jusqu’à Plouarzel puis au nord de Ploumoguer.

Edmond Beausseret engage ses hommes pour l’encerclement du point d’appui de Kervélédan. Le 28 août 1944, avec Louis Guiziou, René Guyader et Guy Kerbaol ils effectuent une reconnaissance avancée au plus près des troupes allemandes pour connaître leurs intentions. Ces derniers tentèrent une sortie mais devant l’encerclement, refluèrent vers leurs positions initiales. Après un lourd pilonnage par l’artillerie, l’aviation et les blindés américains, la position de Kervélédan se rend vers midi. La section Beausseret est maintenue sur place le 29 malgré les répliques de l’artillerie allemande depuis Kéringar. Le lendemain, le front se déplace et les hommes se portent à l’orée du bois de Kerourien puis contre-ordre pour porter assistance à la réduction de la poche du Corsen. L’unité reste stationnée dans les environs de Ploumoguer jusqu’au 1er septembre 1944.

Edmond Beausseret apprend qu’il est nommé comme deuxième adjoint militaire auprès de l’État-major du Bataillon F.F.I de Ploudalmézeau. Il confie alors sa section à Roger Pouliquen et gagne le Poste de Commandement avec lequel il reste jusqu’à la fin des opérations de réduction de la poche allemande du Conquet et plus généralement, jusqu’à la fin du siège de Brest.

Après guerre, il reprend son activité commerciale jusqu’à la retraite. Dans l’ouvrage Le Finistère dans la Guerre (Tome2) paru en 1981, apparaît page 108 une photo des F.F.I de Ploudalmézeau. Edmond Beausseret est mentionné dans la légende comme y figurant. Cette information n’est cependant pas reprise dans le livre Le Bataillon F.F.I de Ploudalmézeau paru en 2003, à la page 74 concernant la même photo. Cette fois, c’est le nom de Jean Pierres qui apparaît. Nous cherchons donc à savoir qui est bel et bien présent sur le cliché historique, pris lors des évènements de l’été 1944.

La sépulture d’Edmond Beausseret se trouve dans le cimetière de Saint-Martin à Brest [Carré 28 Rang 01 Tombe 29]

Publiée le , par Gildas Priol, mise à jour

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Portfolio

1er Groupe de la 1ère Section de la 1ère Compagnie du Bataillon F.F.I de Ploudalmézeau

Sources - Liens

  • Archives municipales de Brest, registres d’état civil (2E162) et (3E468).
  • Archives départementales du Finistère, dossier individuel de combattant volontaire de la résistance d’Edmond Beausseret (1622 W 17).
  • Archives F.F.I de l’arrondissement de Brest, documents du Bataillon de Ploudalmézeau.
  • La Dépêche de Brest, éditions du 3 mars 1942, 1er août 1939 et 4 octobre 1938.
  • THOMAS Georges-Michel & LE GRAND Alain, Le Finistère dans la guerre - tome 2, éditions de la Cité, Brest-Paris, 1981.
  • ANDRÉ Jacques, Le Bataillon F.F.I de Ploudalmézeau, à compte d’auteur, Brest, 2003.
  • Brest métropole, service des cimetières, sépulture d’Edmond Beausseret.
  • Service historique de la Défense de Vincennes, dossier individuel de Résistant d’Edmond Beausseret (GR 16 P 41935) - Non consulté à ce jour.

Remerciements à Françoise Omnes pour la relecture de cette notice.

Notes

[1Archives Municipales de Brest, fonds Joël Le bras (153S12), déposition d’Herbert Schaad, 26 septembre 1944.

[2Archives Municipales de Brest, fonds Joël Le bras (153S12), déposition de Gabriel Poquet, 3 octobre 1944.